“L'historien n'a rien d'un homme libre. Du passé, il sait seulement ce que ce passé même veut bien lui confier.
March Bloch, La société féodale
La Seconde Guerre mondiale, malgré l’accentuation de son éloignement temporel de plus en plus ressenti du fait de la disparition des derniers témoins de cette époque, est encore très présente dans l’imaginaire collectif européen et continue d’agiter l’historiographie.
Pour s’en persuader, il n’y a qu’à voir les violentes polémiques provoquées par l’ouvrage de Jonathan Littell, Les Bienveillantes, celles nées de la controverse autour de la « Shoah par balles » et des travaux du Père Desbois ou encore, plus récemment, l’agitation entretenue par le livre de Yannick Haenel sur Jan Karski. La liste n’est d’ailleurs pas exhaustive.
Ainsi, nous n’en avons pas terminé avec ce conflit d’une ampleur inédite et dont les conséquences pèsent encore, quoique de plus en plus modestement, sur l’organisation géopolitique de notre monde contemporain.
Krisztián Bene, docteur en histoire de l’Université de Pécs (Hongrie), dans son livre inspiré de sa thèse et paru aux éditions Codex sous le titre La collaboration militaire française dans la Seconde Guerre mondiale, revient avec force détails sur l’engagement militaire de nombreux Français dans les rangs de l’armée allemande au cours de la dernière guerre mondiale. Il livre une synthèse aboutie et complète du parcours de ces « vaincus de l’Histoire » avec l’espoir de contribuer à une meilleure connaissance d’un sujet resté somme toute relativement méconnu..